Rompre les liens toxiques : Rompre avec ses valeurs ou les retrouver ?

Il est douloureux d’accepter de s’être fait flouer, manipuler, maltraiter, comprendre que nous n’avons pas été aimé.

Mais, une fois cette souffrance dépassée, il est question de faire un choix.

Je décide que :

  • je vais essayer de faire avec (à noter que dans cette hypothèse la victime n’a en principe pas conscience qu’elle est une victime)
  • je vais lui donner une dernière chance (la victime a constaté que sa situation n’était pas « normale »)
  • la situation ne peut plus durer et je dois rompre les liens (la victime ne tolère plus sa situation, reconnaît qu’elle est une victime et souhaite s’éloigner de la source de son mal)

Faire avec

Faire avec ou accepter de se soumettre à sa condition, il y a plusieurs degrés toujours, encore faut-il savoir à quoi l’on se soumet, or là nous ne savons pas du tout pourquoi nous souffrons autant et jusqu’où cette souffrance en mode plaie ouverte nous mènera.

Faire avec c’est accepter que l’autre ne nous aimera jamais, ne nous veut pas du bien si ce n’est plutôt nous faire du mal, ne nous accordera jamais sa reconnaissance, ne nous laissera pas la place que l’on mérite, ne nous donnera jamais raison sur rien et en particulier sur notre propre vie.

  • Avons-nous besoin d’une telle relation dans notre vie ?
  • Cassons-nous une image, un code, des valeurs, à opter pour un autre choix que celui de nous soumettre et de souffrir ?
  • Aurais-je la force de surmonter l’épreuve d’une ultime et douloureuse séparation, bien que libératrice ?

J’ai pu lire une personne affirmer clairement qu’elle connaissait sa situation mais que compte tenu de l’âge avancé de sa PN / MPN elle allait continuer à se sacrifier. Je me questionne beaucoup sur l’issue d’une telle relation bien que je ne l’envisage pas du tout me concernant.

Cette fois-ci ça va bien se passer (ou la dernière chance) et je vais tout faire pour que cela se passe bien.

Donner une nouvelle chance, une dernière chance, peu importe comment vous nommerez cet acte, en principe il ne sera pas le dernier, vous donnerez plusieurs fois une chance jusqu’au jour où quelque chose se brisera dans la confiance que vous avez pu accorder et cela sera sans retour.

Vous pensez que cela fonctionnera mieux cette fois-ci, après 3 ou 4 ou 15 ruptures, des pleurs, des cris, de la violence, des mensonges à la pelle, des tromperies, des railleries en privé et en public, des résumés en quelques mots violents du regard qu’il ou elle porte sur votre vie, excluant toute possibilité de vous défendre.

Malgré tout ça, vous imaginez que reprendre les mêmes personnages dans les mêmes circonstances sans rien changer, cette fois-ci ça va marcher.

Vous avez mis les petits plats dans les grands comme on dit, vous avez fait les courses, la cuisine, avez pensé à lui acheter un petit cadeau ou simplement découpé un article sur quelque chose qu’il apprécie, bref, vous avez pensé et agi pour que votre bourreau soit heureux.

C’est trop cuit, pas assez cuit, pas mal, pas terrible, pourquoi n’avez-vous pas fait ce plat si bon que vous aviez fait une fois ?

Il ou elle ne vous montrera jamais qu’il est content, il y aura toujours quelque chose pour ne pas pleinement le satisfaire.

Encore la culpabilité de ne pas avoir assez bien fait, c’est notre faute, la prochaine fois on fera mieux.

Je constate que rien n’est envisageable, même une simple conversation est vouée à l’échec.

Lorsque vos échanges avec vos voisins, collègues, connaissances (etc) se font plus constructifs et enrichissants qu’avec votre manipulateur pervers narcissique vous vous demandez si vous ne devriez pas engager quelques sujets de conversation avec lui.

Vous constaterez rapidement qu’il n’y a aucune conversation saine et constructive à espérer avec lui ou elle.

Que préférez-vous dites-moi, le néant ou la discorde ?

Car, si la personne que vous avez en face de vous est un(e) PN / MPN alors c’est le seul choix qui s’offre à vous en termes de dialogue : le néant ou la discorde.

Personnellement j’ai opté pour une 3ème possibilité, partir …

Photo article rompre avec les liens toxiques

La « magie » ne fait plus effet ou plutôt l’ensorcellement, vous avez enfin compris que le problème ne venait pas de vous, que vous aviez des choses à régler, certes, mais que le mal que vous ressentiez n’était pas le vôtre.

Rompre les liens toxiques c’est un peu comme monter dans des manèges à grands frissons avec la nausée, sentir que nos jambes ne nous portent plus, c’est fermer les yeux en tombant dans le vide, c’est accepter enfin que l’autre n’est pas celui qu’on s’était imaginé, n’est pas ce qu’il ou elle nous avait fait croire qu’il était.

Vous avez vu se dessiner le projet de votre PN / MPN car il réutilise certaines manipulations déjà observées par le passé. Vous avez pleinement pris conscience que ces manipulations avaient un impact sur vous et qu’il était dévastateur.

Sur ce grand puzzle de la vie, vous avez posé la dernière pièce et vous vous êtes entendu dire :

Maintenant ça suffit, la comédie a assez duré.

En rompant ce lien, vais-je perdre mes valeurs ?

Si vos valeurs ont pu être perverties à une époque, elles n’ont néanmoins pas disparu et parfois même se sont renforcées naturellement car ancrées en vous.

Un peu comme l’on devient dans certaines familles, boucher de père en fils, dans d’autres on devient PN / MPN.

Il semblerait que la transmission soit transgénérationnelle et voici la définition de ce mot au premier abord, barbare :

La transmission transgénérationnelle s’effectue de manière subtile, implicite, indirecte et inconsciente. Elle est façonnée par des idées, des processus, des phénomènes et une histoire familiale qui passeraient « au travers » des générations, par des phénomènes qui ont lieu notamment en cas de traumatismes vécus et non surmontés. Elle se construit par la manière dont les membres d’une famille parlent d’un événement, par le récit qu’ils en font. Les limites de ce qui est transmis sont floues, difficilement abordables.

Elle se joue dans le long terme de la famille, entre les générations antérieures, présentes et futures ; entre des générations qui se côtoient, celles qui ne se sont jamais côtoyées ou qui ne se côtoieront jamais. Elle traverse le temps, et ce, dans un seul sens (passé vers futur ; générations antérieures vers générations futures).

Ainsi, lorsqu’un traumatisme survient dans une famille, celle-ci peut enclencher un processus de résilience et mobiliser des ressources afin d’éviter la transmission transgénérationnelle du traumatisme en question (cft concept de résilience familiale).

Dans des familles qui ont subi des dommages extrêmes, les enfants peuvent avoir pour mission de transmettre « quelque chose » des souffrances subies, de réparer les injustices ou encore de parvenir à une grande réussite susceptible de rendre utile le sacrifice de la génération précédente.

Source : http://www.systemique.be/spip/spip.php?article806

Je brise une image, je raye toute une éducation basée sur mon conditionnement.

Je ne viole pas mes valeurs, je détruits mon conditionnement.

Ce conditionnement qui me laisse croire à mes rêves en me faisant vivre l’enfer.

Je parlerais du conditionnement dans un prochain post.

Il est parfois effrayant d’apprendre à se connaître soi-même mais c’est aussi une grande libération, et pour ce faire je conseille entre autres une psychothérapie.

Soyez bienveillant avec vous-même, certains choix n’en sont pas vraiment, l’idée de base étant d’aimer vivre.

 

Post suivant :

https://manipulateurperversnarcissique.blog/2018/08/19/linversion-des-roles/

 

Catégories: PN / MPN

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